Le ministre de l'Industrie, du Commerce et des Nouvelles technologies, Ahmed Réda Chami, a appelé, vendredi à Lille (nord de la France), les investisseurs lillois et ceux de la région du Nord-Pas de Calais à faire du Maroc une plate-forme d'investissements.
Intervenant lors de l'opération "Maroc Hexagone 2007", initiée par l'ambassadeur du Maroc en France, Fathallah Sijilmassi, M. Chami a procédé, devant les opérateurs et décideurs privés et institutionnels du nord de la France, à un tour d'horizon détaillé des grandes orientations de la politique économique du Royaume et a présenté les secteurs stratégiques offrant d'importantes opportunités d'investissements pour les entreprises désireuses de s'implanter au Maroc ou d'y travailler en partenariat.
Dans un exposé fourni, le ministre, entouré de Hassan Bernoussi, directeur des investissements, Mustapha Bakkoury, directeur-général de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), Jean-René Fourtou, président du Conseil de surveillance de Vivendi, de Patrick van Den Schriek, président de la Chambre régionale du commerce et d'industrie Nord-Pas de Calais et de Claude Bébéar, président du Conseil de surveillance d'AXA, a mis l'accent sur les réformes volontaristes engagées par le Maroc et les grands projets de développement couvrant l'ensemble des régions du Maroc.
Ces réformes sont "en cohérence avec des choix d'ouverture économiques reconnus comme étant parmi les plus avancés du flanc sud de la Méditerranée", a-t-il dit.
Rappelant que le Maroc a fait le choix du mouvement et de l'ouverture, M. Chami a aussi souligné la croissance solide et régulière que connaît le Maroc sur les cinq dernières années qui se traduisent, notamment, par un taux de croissance de 5 à 6%, avec des développements de plus en plus accélérés sur des secteurs moteurs (infrastructures, l'habitat, distribution, télécommunications, etc.), des investissements directs étrangers de plus de 2 Mrds de dollars par an et une inflation maîtrisée inférieure à 2%.
Le ministre a également fait valoir la mise en place par le Maroc d'un plan de développement clair et précis comportant des axes majeurs et dont l'élément humain constitue un axe fondamental.
A ce propos, M. Chami a rappelé l'Initiative nationale pour le développement humain (INDH) et la refonte du système d'éducation et de formation ainsi que la réforme du Code de la famille.
Pour M. Chami, "le renforcement des liens économiques avec la France passe aussi par une consolidation des relations entre régions marocains et françaises". Citant à titre d'exemple le secteur de textile, un des secteurs économiques clés de la région Nord-Pas de Calais avec la grande distribution, le ministre a souhaité voir des partenariats se nouer entre industriels marocains et calaisiens.
"Le groupe espagnol Mongo réalise plus de 20 pc de sa production mondiale au Maroc. Aujourd'hui, nous sommes passés de la sous-traitance à la cotraitance", a-t-il relevé.
"D'autres secteurs d'industrie doivent être explorés, notamment, dans les domaines de l'aéronautique, de la métallurgie, de la recherche et de l'innovation", a-t-il ajouté.
Selon le ministre, la forte communauté marocaine, dont le dynamisme est reconnu à l'échelle de toute la région Nord-Pas de Calais, est appelée à jouer un rôle important et devenir un relais et un port d'encrage pour investisseurs marocains et calaisiens.
Pour Pierre de Saintignon, vice-président du Conseil régional Nord-Pas de Calais, la présence de M. Chami à la tête d'une importante délégation est un "réel encouragement" pour développer encore plus une politique de coopération décentralisée entre sa région et le Maroc.
"Le Nord-Pas de Calais est riche d'une communauté marocaine forte de 70.000 ressortissants et la Région est heureuse de conforter ses relations avec le Maroc et de les dynamiser sur le volet économique", a-t-il dit, affirmant que le Royaume est un "pays ouvert, dynamique avec de nombreux atouts et des perspectives favorables".
"Nous sommes ouverts à toutes formes de coopération avec le Maroc, dans un esprit d'enrichissement mutuel pour nos économies et nos populations respectives".
Mettant en avant les relations riches et anciennes entre le Nord-Pas de Calais et le Maroc, M. Pierre de Saintignon a tenu à rappeler le jumelage de la ville de Lille avec Oujda et celui de Maubeuge avec Ouarzazate, ainsi que la signature d'un accord de coopération entre sa région et celle de Doukkala-Abda en mars 2005.
"Nous avons souhaité mettre dans cet accord un volet important pour la coopération Interentreprises, illustré par le programme de compagnonnage Interentreprises. Ce programme est conçu spécialement pour aider les entreprises à s'engager au Maroc. Il se veut concret et pragmatique", a-t-il poursuivi, indiquant que le Conseil régional et ses partenaires considèrent que le développement sur les marchés internationaux est une priorité et un facteur puissant qui améliorent la compétitivité des entreprises.
"Le Maroc tient une place centrale dans notre approche internationale", a-t-il affirmé. "Nous disposons d'atouts privilégiés qui permettent de créer mais surtout de renforcer la dynamique engagée vers le Maroc: des liens historiques et affectifs et une proximité économique -avec des liaisons aériennes assurées par la RAM au départ de Lille-, des secteurs industriels proches qui peuvent bien s'articuler et une volonté réelle de nos chefs d'entreprises de s'investir sur cette zone"", a-t-il fait valoir.
Rendant hommage au Maroc pour son programme ambitieux, portant sur la solidarité et la cohésion sociale, à travers la concrétisation de l'INDH. Le responsable français a souhaité un échange d'expériences dans ce domaine.
La délégation marocaine était composée de Mohamed M'Barki, ancien ministre, directeur général de l'Agence pour la promotion et le développement de l'Oriental, Jalal Mikou, directeur général de la zone franche de Tanger, Saad Benabdallah, Conseiller économique près l'ambassade du Maroc en France, Ali Lazraq, Consul général du Maroc à Lille, Jean-Luc Martinet, président de la Chambre française du Commerce et d'Industrie au Maroc, et Bassim Jai Hokaimi, président du Fonds d'investissement d'Atlamed.
De nombreux décideurs économiques français et marocains ont également pris part à cette manifestation d'envergure au cours de laquelle une table ronde a été organisée sur les nouvelles formes de coopération dans le secteur du textile, en présence d'une délégation d'entreprises de l'Association marocaine des industries du textile habillement (AMITH).
MAP
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